En 2002, j’étais étudiant à l’Université Paris Dauphine et un de mes professeurs était un ancien président de l’AFP qui occupait un poste important dans la presse. Il expliquait le modèle économique du secteur ainsi : 1/3 vente ; 1/3 publicité ; 1/3 annonces. À l’époque, le navire était déjà déséquilibré : les petites annonces et les offres d’emploi étaient parties sur l’internet.

En 2019, les ventes sont en berne et la publicité aussi est largement partie sur l’internet : l’an dernier, la presse magazine a généré des rentrées publicitaires de 816.000.000 euros (-7,8%) et la presse quotidienne de 744.000.000 euros (-5,2%) quand les rentrées publicitaires du seul « search », c’est-à-dire des moteurs de recherche, étaient de 1.787.000.000 (+14%). On demande donc à Google de payer pour la presse française. Mais pourquoi pas Le Bon Coin ? Avec 212.500.000 euros de chiffre d’affaires en 2018 (+12,5%), il participe aussi à la paupérisation du secteur !

Le modèle économique de la presse est à l’agonie depuis le début des années 2000. Google et son rôle de portier universel, point de passage et donc potentiellement de péage, fait peur à beaucoup de secteurs. Mais il n’est clairement ni la cause ni la solution à la crise de la presse.

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